Je n'avais pas pas envie de trop vous écrasez sous mon bla bla lorsque je vous ai présenté le Bai Jia Bei de Juliette, mais j'ai décidé de quand même vous faire un petit topo sur l'assemblage. On ne sait jamais, si ça peut servir à d'autres mamans qui veulent se lancer dans cette magnifique aventure, j'en serais très heureuse. Voilà donc comment j'ai procédé... Cette méthode n'est sans doute pas la plus simple et la plus rapide, je vous laisserai juger par vous-même...

J'ai d'abord lavé mes coupons avec 5 lingettes anti-transfert. Ça peut paraître anodin, mais cette étape est primordiale, pour ne pas avoir de mauvaise surprise par la suite (tissu qui déteint ou qui rétrécit, par exemple). D'ailleurs, malgré toutes mes précautions, il y a un des tissus (un rose ou un rouge, je n'ai pas réussi à identifier le coupable) qui a dégorgé sur 7 de ses petits copains. J'ai pu en sauver 4, soit parce que la décoloration était très légère, soit parce que le coupon était plus grand que nécessaire, mais malheureusement il y en a 3 qui n'étaient plus utilisables du tout. Heureusement j'avais quelques coupons supplémentaires, j'ai d'ailleurs aussi enlevé de la série les deux doublons que nous avions reçus.

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Ensuite, étape que j'ai "adoré", il a fallu tout repasser. Et puis, après vérification, je me suis aperçue que certains des tissus avaient rétréci, le 20 par 20 n'était donc plus possible, il a fallu réfléchir à une taille idéale. Le choix s'est fait en fonction de la doublure (choisie en 150 de laize), j'ai décidé de faire un patchwork avec des coupons de 16 cm une fois assemblés. Il a donc fallu retailler tous mes coupons en 18 par 18 cm. Cette étape aura été pour moi la plus pénible de toutes, celle où je me suis le plus ennuyée. Je me suis fabriqué un petit gabarit en carton que j'ai reporté sur chacun de mes 135 coupons au crayon papier, et je me suis ensuite amusée à tout redécouper aux ciseaux (le cutter rotatif je ne connais pas moi, mesdames !).

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Heureusement qu'après cette corvée, m'attendait une partie beaucoup plus amusante : disposer les coupons. Ça, c'était vraiment chouette à faire, le Bai Jia Bei devenait enfin concret et ça nous a permis de voir plus ou moins à quoi il allait ressembler. J'ai épinglé tous les coupons sur un drap blanc, et le lendemain, j'ai enfin commencé l'assemblage des coupons. Très franchement, je pensais que cette étape serait la plus longue et la plus pénible, et au final c'est celle que j'ai le plus aimé ! A chaque fois que je prenais un nouveau coupon pour le coudre, je m'amusais à me remémorer son histoire. J'ai vraiment aimé les assembler, les toucher, les contempler. D'un point de vue technique, comme tous mes carrés étaient de dimension strictement identique, je n'avais qu'à les poser bien bord à bord endroit contre endroit et à coudre sur une longueur, en laissant une marge de couture d'un centimètre. J'ai ainsi cousu 15 bandes de 9 coupons en deux siestes de Juliette, c'était vraiment rapide ! J'ai repassé toutes mes coutures en rabattant les marges vers le carré le plus sombre. Puis il a fallu assembler les bandes entre elles. J'ai eu quelques sueurs froides car tous les coupons n'avaient pas la même élasticité, du coup certains coins ne tombaient pas forcément bien en face. Mais en épinglant bien toutes les lignes régulièrement et en jouant un peu avec l'élasticité, tout s'est très bien passé, et il y au final très peu de décalage (et entre nous ça ne se voit pas dans l'ensemble, il faut vraiment mettre son nez bien près pour les retrouver)...

J'avais commandé une doublure et une couche de ouate. Une fois mon patchwork terminé, je me suis retrouvée devant mes trois couches en me demandant comment j'allais pouvoir m'arranger de tout ça ! Je savais que pour faire les choses dans les règles de l'art, il fallait que je quilte tout ça, à la main. Mais voilà, j'ai deux mains gauches, et je ne me sentais pas capable du tout de faire cela. J'avais déjà vu des plaid capitonné sur chacun des coins des coupons, et j'ai voulu tester cette méthode. Mais ma ouate n'était pas assez épaisse et je n'étais pas du tout satisfaite du rendu, je n'obtenais pas le petit côté moelleux et douillet que j'espèrais. J'ai retourné le problème plusieurs jours, ça m'a vraiment obsédé, même la nuit j'y pensais ! Et puis le temps filait et l'échéance de le première bougie se rapprochait dangereusement. Alors j'ai bravé tous les interdits de Marie-Odile (d'ailleurs, ma pauvre, arrêtes de lire ici, ça vaut mieux !) et j'ai décidé de matelasser ma couverture... à la machine. J'ai épinglé très soigneusement mes trois épaisseurs et j'ai décidé de surpiquer toutes mes lignes de couture. Cette étape a été horrible ! Marie-Odile m'avait prévenu que ça froncerait sur le dessous, et elle avait raison, ça a froncé à plusieurs endroits. Et puis entre l'épaisseur de la chose et son poids, j'ai eu un mal fou à guider mes tissus bien droit, du coup je n'ai pas réussi à faire une seule surpiqûre sur la ligne initiale de couture ! Ca a été une vraie bataille entre la couverture, la machine (qui supportait très difficilement les épaisseurs) et moi ! Je n'arrivais pas à surpiquer plus de deux lignes par jours, car supporter le poids et guider la couverture me donnait des crampes terribles ! Bref, j'ai failli craquer plusieurs fois et abandonner, mais ça aurait quand même été trop bête... Je me suis donc accrochée, et même si le résultat sur l'envers n'est pas parfait, ça reste quand même regardable (oh et puis zut, c'est l'envers après tout !). Et puis on dira que mes surpiqûres sont un peu décalée pour ajouter un petit côté déco, si je vous le vends comme ça, vous y croyez ?!

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Après toutes ces étapes, qui m'ont quand même occupée trois bonnes semaines, j'ai eu envie de faire une petite pause, il en était d'ailleurs sorti ma jupe Amy. Et entre temps, il y a eu la fête des mères, et là... mon mari est un fou, il m'a offert une nouvelle machine à coudre !!! Une trop bien qui coud des épaisseurs de malade (bon la prochaine fois, on essaiera quand même d'être raccord niveau planning, hein chéri ?!), et.... qui brode l'alphabet ! Alors, la tentation était trop forte... J'ai décidé de broder les prénoms de toutes les personnes qui ont si gentiment offert un voeu à notre Juliette sur le biais de finition (que j'ai fabriqué moi même). Ça a été long, et c'était même un peu risqué vu le temps qui me restait, mais c'était important pour moi. J'avoue que passé l'euphorie des premiers prénoms ("wahouh, ça fait trop bien !", "Tiens, c'est comme ça qu'elle brode cette lettre ?"), ce travail est vite devenu rébarbatif et pénible. Entre l'enregistrement de la séquence pour chaque prénom, la couture en elle même, les changements de fils... Je me suis vite maudit avec mes idées un peu farfelues ! Mais je dois bien avouer que le résultat est à la hauteur de mes espérances, et que je suis vraiment fière de l'avoir fait.

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Ensuite il a fallu poser le biais... Ah... le biais... On n'est toujours loin d'être copain lui et moi, mais je dois quand même bien avouer que ma nouvelle machine m'a vraiment facilité la vie sur ce coup là ! Elle m'a avalé toutes ces épaisseurs les doigts dans le nez, sans broncher ! Sur l'envers ma ligne de couture n'est pas toujours bien droite, c'est toujours le problème que je rencontre avec le biais... Je pense d'ailleurs acheter un pied spécial pour poser le biais sur les conseils de Stéphanie, car j'en ai marre que mon biais ne soit jamais parfait malgré toute mon application. Et puis j'ai essayé de m'appliquer dans les angles, mais là aussi c'est loin d'être niquel, mais ça reste tout à fait acceptable. Et malgré le fait que ma technique de pose de biais ne soit toujours pas très au point, je dois quand même bien concéder que quand on a les bons outils, ça va quand même beaucoup mieux !

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On terminera cet article avec cette pose de biais, puisque c'était la dernière étape ! Et j'étais vraiment contente de moi quand j'ai terminé ce travail colossal, mais vraiment génial ! Et comme je vous l'ai déjà dit, ça m'a laissé un petit vide une fois terminé... Je vous dirais presque "vivement le prochain" ;-) !